Chapitre 3 - La rentrée

Icdz cavalieri

 

Lümde 1is sordiva N - Lundi 1er septembre N

Le soleil avait déjà bien commencé son ascension. Il était 9h45 et quelques étudiants patientaient au milieu de la cour de la cité scolaire. Il faisait beau et les élèves ne voulaient pas vraiment rester enfermés dans une salle ; seulement pas le choix. Les jeunes hommes se disaient qu’ils pourraient faire autre chose que de suivre des cours classiques. Shun rappela que la dirigeante ne voulait que leur bien et qu’ils pouvaient s’estimer heureux d’avoir un toit et une bourse. La sonnerie retentit, les élèves rentrèrent dans l’établissement en pierres ocres. « Sympa le bâtiment quand même, il a de la classe » fit Seiya. Saori regardait le tableau d’affichage du hall d'entrée. Il y avait une liste d’élèves avec leur salle de cours pour dix heures.

« Apparemment notre professeur principal est Camus, salle 108. Tu es dans notre groupe Hyôga.

— Maître Camus ? Génial !

 C’est pas lui t’a transformé en glaçon ? s’étonna Seiya.

Le jeune blond se souvint de la scène dans le temple de la balance. Soudain il eut une sueur froide. Il répondit d’un ton plus nerveux.

 Génial quand même. Faudra juste que je me fasse oublier quelque temps.

 Hey, ne tardez pas trop, fit Pearl. J’ignore qui est Camus mais je ne voudrais pas partir du mauvais pied avec lui à cause d’un retard.

La demoiselle se dépêcha de monter les escaliers. Seiya jeta un coup d’œil sur la fiche.

 Mais ? Ikki est noté aussi. Ils pensent vraiment qu’il va venir ? C’est mal le connaître. Ikki dans une salle à s’ennuyer ?

 Tu pourrais être surpris, lui affirma Saori. Cette fille a raison, nous devrions y aller. Camus n’aime pas les retardataires. »

Le chevalier du Verseau était déjà assis à son bureau et écrivait les présents dans le cahier d’appel. Les élèves entrèrent un à un, une fille, un garçon, un petit groupe et ainsi de suite. Seiya et Saori prirent place juste devant lui. Bizarrement celle-ci était boudée. Camus faisait-il si peur que cela ? Il n’y avait personne près de la porte d’entrée. Hyôga se dirigea vers la première table, à la droite du professeur, juste à côté d’une fille aux longs cheveux roux. Celle-ci était installée près de la fenêtre. Le jeune blond la regarda attentivement avant de s'asseoir. Camus compara les élèves présents avec la fiche qu’on lui avait fournie.

« Il y a des retardataires, je n’aime pas ça. Il nous manque Fenrir et Ikki. Je vais encore attendre quelques minutes.

Finalement l'un des absents arriva au seuil de la porte. Il salua l'enseignant et balaya la pièce du regard. Où allait-il se placer ? Quelle idée idiote de venir à ces cours ! Pourquoi s’était-il laissé embarquer cette fois ? Il regarda sur sa gauche en cherchant une place libre. Oui il y en avait une au niveau du mur près de la porte à côté de cette… fille ?! Le phoenix fut à la fois surpris et intrigué. Impossible. Par quel miracle pouvait-elle se trouver là ? Et au fait, Mime était mort aussi. Que faisait-il dans cette pièce ?

 Si tu voulais bien prendre place Ikki, ça m’arrangerait, pressa l’enseignant.

Le Phoenix partit s’installer près de celle qui l’avait interloqué. La jeune blonde le regarda curieusement.

 Esmeralda ?

 Oui, c’est moi. Tu connais mon nom ?

 Tu ne te souviens pas ?

 Me souvenir de quoi ?

Elle lui avait adressé un joli sourire. Aurait-elle étrangement perdu la mémoire ? Soudain Dohko arriva avec un élève récalcitrant. Visiblement il n’avait pas envie d’aller en cours non plus. Tous les regards étaient rivés sur eux.

 Mais lâche-moi ! Tu t'prends pour qui ?!

 Camus, je te ramène un élève. Il rôdait près du bâtiment.

 Merci Dohko. Va à ta place Fenrir.

 J’veux pas aller en cours ! Vous n’pouvez m’y obliger !

 Nihit exige que tu y ailles, expliqua Dohko. De toute façon, que vas-tu faire de tes journées ? Elle n’aime pas les gens oisifs alors va à ta place.

 Je m’en fiche de Nihit, c’est pas ma déesse, ni ma reine !

 Elle l’est désormais, répondit Camus. Maintenant assieds-toi avant que je te refroidisse !

 Vaut mieux lui obéir, conseilla Hyôga. Je me suis déjà retrouvé dans un cercueil de glace ; c’était pas la joie.

Fenrir se dégagea de la poigne de Dohko puis se dirigea de façon muffle vers le fond de la classe du côté de la fenêtre. Il préféra rester seul à sa table et fixa l’extérieur ensoleillé. Sa voisine, de la rangée du milieu, avait du mal à en détourner le regard. Pourquoi autant d’hostilité ? Ce n’était pas si terrible de venir en cours. Dohko prit congé, Camus finit de noter dans le cahier d'appel avant de débuter son discours. Il expliqua comment fonctionnait la cité scolaire. Chaque élève avait droit à une bourse d'études pour satisfaire leurs besoins.

 J’espère que vous avez tous bien fait votre demande sur le site du refuge.

Hyôga fut frappé de stupeur avant de s’exprimer.

 Merde !

L’enseignant afficha une mine désespérée.

 Je m’en doutais. J’imagine que tu n’as rien pour écrire tes cours !

Le jeune blond s'enfonça dans sa chaise en fixant Camus.

 J’avoue j’suis venu en touriste.

 Grr ! Alienor tu voudras bien lui passer tes notes en fin de journée ? Il ira faire des photocopies au secrétariat.

 Oui pas de souci, fit-elle amusée.

 Je suis désolé, je ne savais pas qu’il y avait des bourses.

 Consulte le site PRS, l’information était dans le blog. Nihit nous l'a communiqué suffisamment tôt. Mais t’as fait quoi pendant les vacances ?

 J’ai joué au foot avec Seiya.

 Oh c'est pas vrai, murmura le professeur. Tu iras à la banque ce soir. Tu lui expliqueras ton cas et vois ce que Silaë te conseille.

 D’accord. C’est où la banque ?

 Oh bon sang ! T'es pas sorti de la cité ou quoi ?!

Hyôga n'osait rien répondre. Les autres se seraient bien moqués mais Camus était assez énervé ainsi.

 Je te montrerais, proposa Alienor.

 Merci, t’es gentille.

 Maintenant que tu as fait connaissance avec ta voisine, je peux continuer ?

 Oui oui, fit Hyôga de manière nerveuse.

 Il a toujours été aussi caractériel ?

 Oui, et encore, il est de bonne humeur là. »

Camus poursuivit dans ses explications. Il distribua aussi les emplois du temps ainsi que le calendrier laethioni et son homologue terrien. Au même moment, un grand homme habillé en noir, avec de longs cheveux blancs s’avança vers le palais de Nihit. Devant la porte il y avait un petit garde que l’homme connaissait déjà très bien. Néanmoins ce dernier lui barra la route. « Je suis désolé Seigneur Minos mais je suis désormais au service de Dame Nihit. Je dois faire les choses correctement. Je vais vous annoncer à la dirigeante. » renseigna Markino. Le garde ouvrit la porte du palais et accompagna le juge jusqu’à la salle du trône. La dirigeante se tenait debout près de celui-ci. Elle n’avait pas spécialement l’intention de s’asseoir dessus. En fait, elle ne faisait que traverser la pièce. Toutefois l’arrivée du garde avait stoppé sa course.

« Je sais pas si je fais bien, confia-t-il au juge, c’est la première fois que j'annonce quelqu'un. Euh... Dame Nihit ! Le seigneur Minos désire vous voir !

 Tu n’es pas obligé de crier Markino, je suis juste en face de toi. (Le garde eut une sueur froide. Pourvu qu’il ne soit pas trop sévèrement corrigé.) Mais je te remercie, tu peux disposer. (Le petit bonhomme fut surpris. Pas de coup de fouet ? Pas même une remontrance ? Il ne se fit pas prier et repartit sans demander son reste.) Il va falloir que je lui explique comment procéder. Que voulais-tu Minos ?

 Quand je suis arrivé, j’ai accepté d’enlever mon armure et de rester tranquille à une condition. Je viens voir si tu respectais ta promesse.

 J’ai envoyé des hommes chercher ta précieuse Enliana. Actuellement je ne peux t’en dire plus.

 J’espère pour toi que c’est vrai. Je veux bien attendre un peu. Mais si j’estime que ça prend trop de temps à mon goût, je risquerai de me déchaîner.

La dirigeante n'appréciait guère ce fâcheux discours.

 Les menaces sont inutiles. Je t’ai promis de te la ramener. Je ferai le nécessaire pour qu’il en soit ainsi. (Le griffon semblait moyennement satisfait.) Cependant, j’ai peur que les recherches prennent du temps. J’ignore totalement où elle est.

 Ta « Créatrice » ne peut pas la localiser ?

 Ce n’est pas une voyante.

 Alors dans ce cas, dépêche-toi de la trouver avant que je me fâche. »

Nihit fut outrée, cependant elle resta silencieuse. Apparemment il était impossible de lui faire entendre raison. La fondatrice lui avait permis de vivre au refuge et c’était ainsi qu’il la remerciait ? Quelle ingratitude ! Minos s’éloigna et sortit du palais. Le refuge avait besoin d’un juge et il était parfait pour ce rôle. Il avait néanmoins exigé la présence de son assistant, Rune. La Créatrice lui accorda cette faveur en gage de bonne volonté. Ce dernier était calme et discret par rapport au juge et ce fut fort appréciable.

Ajouter un commentaire