Chapitre 4 - Gaucherie

Icdz cavalieri

 

Lümde 1is sordiva N - Lundi 1er septembre N

Pendant que la femme scorpion surveillait en catimini le refuge, la dirigeante reçut la visite d’Albafica. Edria était déjà présente dans la pièce lorsqu’elle vit ce jeune civil poser le genou devant Nihit. « Ainsi il s’appelle Albafica » se dit-elle. Puis elle se demanda s’il fallait qu’elle s’éclipse ou pas. Elle commença à s’éloigner lorsque sa supérieure lui ordonna de rester. Elle savait qu’elle n’avait pas eu d’autres occasions de voir le chevalier de plus près alors elle ne souhaitait pas la priver de ce plaisir-là.

« Sans vouloir offenser qui que ce soit, je préférerais que cette jeune fille s’en aille.

Edria fut un peu décontenancée. C’était lui qui la chassait. Comment osait-il ?!

— Pourquoi ne peut-elle pas rester ?

— Je voudrais vous faire un rapport en privé. Ce que j’ai à vous dire ne la regarde pas.

— Bon. Veux-tu bien nous laisser Edria ? (La jeune fille baissa tristement les yeux avant de s’effacer pour la seconde fois.) Qu’aviez-vous à me dire Albafica ?

— Les chevaliers que vous avez envoyés ont retrouvé votre créature. Néanmoins ça s’est mal passé. Argol est à l’hôpital. Cette femme l'a piqué à la jambe. Quant à elle… Elle est morte.

Nihit fronça les sourcils.

— Morte ?! Comment ça ?!

— Visiblement elle s’est suicidée.

La dirigeante se tourna, la main sur le visage.

— Comment vais-je expliquer ça à la créatrice ? Je leur avais pourtant dit de ne pas l’attaquer.

— C’est elle qui est passée à l’offensive.

La dirigeante se tourna à nouveau vers lui. Elle arborait un air grave sur le visage.

— Je ne vous crois pas ! La créatrice n’aurait pas fait venir des gens dangereux au refuge !

— C’est pourtant ce qui s’est passé ! J’étais là en tant qu’observateur, Argol et Hagen ignorait ma présence. Je vous assure que je vous dis la vérité Dame Nihit.

— Mais comment est-ce possible ? La fondatrice m’avait pourtant garanti qu’on ne risquait rien avec elle.

— Si je peux me permettre, j’ai des doutes au sujet de votre supérieure.

La dirigeante fut irritée par une telle affirmation. Comment pouvait-il douter d'elle ? Il ne la connaissait pas.

— Gardez-les pour vous ! Il a sûrement dû se passer quelque chose d’anormal entre-temps. Mais quoi ?

— Malheureusement je ne peux vous apporter de réponse.

— J’ai besoin de réfléchir à la situation. J’irai à l’infirmerie aussi pour prendre des nouvelles d’Argol. Vous pouvez disposer.

— Oui Madame. »

Albafica s’inclina puis ressortit de la salle. Il n'apprécia pas du tout cette entrevue. La créatrice, et même la dirigeante, préfèrent vraiment protéger la vie des monstres plutôt que celle des résidents ? Edria entendit presque tout derrière la porte. Elle avait bien saisi que l’histoire était tragique. Toutefois n’ayant pu avoir que des bribes de conversation, elle préféra garder ses pensées pour elle. Le chevalier voulait préserver son innocence. « C’est un gentil garçon. » songea-t-elle.

Plus tard dans la journée, les élèves finirent les cours. Les terriens et les laethionis n’avaient pas encore vraiment osé se mélanger. Les relations se développeront au fur et à mesure. Avant la rentrée, certains étudiants s’étaient déjà inscrits aux clubs sportifs. Kiki patientait dans les gradins et regardait les joueurs. Shura, le prof de sport, fit l’arbitre. Cassios avait une raquette à la main et se tenait de l’autre côté du filet, face à Seiya. Une occasion de prendre sa revanche ? Peut-être. « Je te préviens Seiya, tu vas prendre cher ! » fit le géant. Son adversaire lança la balle sans se soucier de sa menace. Cassios l’avait bien réceptionnée, malheureusement sa raquette était mal inclinée. Trop pressé de frapper la balle, celle-ci se logea dans une fenêtre de l’internat. On put entendre une demoiselle crier tandis que Kiki rejoignait les joueurs.

« Mince alors ! fit le géant, la main devant la bouche.

— Bien joué Cassios, fit Shura. Il va falloir rechercher la balle.

— Bah je sais pas dans quelle chambre elle est, moi.

— Attends je vais t’aider ! intervint Kiki.

Le petit garçon téléporta Cassios devant la chambre de la demoiselle. Il se retrouva seul dans un long couloir bleu. Il lit l’écriteau sur la porte. « Nolvia… c’est un joli prénom. » Il frappa doucement mais la jeune fille sursauta sur sa chaise. Elle venait tout juste de se remettre de l’incident. Et si pour Cassios il avait frappé avec douceur, pour elle cela tenait plus du boucan. Elle ouvrit la porte et regarda le géant de façon stupéfaite, en particulier à cause de ses yeux reptiliens. La jeune fille semblait de petite taille par rapport à lui, mais en réalité elle était dans la moyenne, avait de longs cheveux roux et un teint blanc. Le géant fixa ses yeux amande. On voyait bien qu’elle était assez intimidée alors il tenta d’apaiser ses craintes.

— Euh… Bonjour Nolvia… Excuse-moi, une balle de tennis n'aurait pas atterri chez toi par hasard ?

— Euh si… Je... vais la chercher.

— Je suis désolé d’avoir cassé ta fenêtre. Je ne l’ai pas fait exprès. (Elle partit rechercher la balle et au passage elle prit le ramasse-poussière et la balayette.) Oh ! attends ! (Il posa sa raquette contre le chambranle de la porte.) Je vais ramasser les morceaux. J’voudrais pas que tu te coupes. (Nolvia fut un peu surprise. Cassios prit les gros éclats et les jeta dans une corbeille située près de là. Puis il demanda le ramasse-poussière afin de terminer le nettoyage.) Je vais aller voir l’intendant pour signaler l'incident. (Elle n’osa pas répondre et se contenta de lui rendre la balle en acquiesçant.) « Elle est fort timide » pensa-t-il. Ton visage me dit quelque chose. On n’serait pas dans la même classe par hasard ? (Elle sortit un oui assez timoré.) Ah ! c’est bien ça, je passerai te dire ce qui en est de ta fenêtre. À tout à l’heure.

— Je pourrai y aller sinon.

— Non, non. C’est moi qui ai fait la connerie, je dois réparer. On se voit plus tard.

Il reprit sa raquette, retint le numéro de chambre puis partit rejoindre les autres sur le terrain. Nolvia espérait qu'il n'ait pas besoin de revenir. Il rendit la balle à Seiya et informa le prof qu’il partait voir l’intendant. Son adversaire poursuivra donc avec un match contre Shun.

— C’était qui la demoiselle que tu as effrayé Cassios ? questionna curieusement Seiya.

— Hein ? Elle s’appelle Nolvia.

— Belle façon de faire connaissance. Elle est jolie ta p’tite copine ?

— C’est pas ma p’tite copine, t’es con ! Je dois aller voir l’intendant, j'ai pas le temps pour tes conneries ! Elle peut pas rester avec une vitre brisée la p'tite.

— Fort intentionné en plus, elle a de la chance.

Il repartit en pouffant. « Hey Cassios ! je plaisantais ! » lui cria Seiya. Le géant ne prêta aucune attention à cette dernière parole. Il passa devant le self puis se précipita vers le bureau du gestionnaire dans le bâtiment en face. Le géant cogna à la porte en espérant qu’il soit encore là. L’intendant, étonné par une telle puissance de frappe, sursauta sur son siège. Il ignorait qui c’était mais cette personne venait de le tirer de ses songes. « Entrez ! » Le géant tourna la poignée et vit l’homme blond pivoter vers lui.

— Pardon de vous déranger Monsieur Albior, mais je voudrais signaler un incident.

— Ah bon ? Lequel ?

— J’ai cassé une vitre à l’internat en jouant au tennis.

— Tu étais à la salle de sport à ce moment-là ? demanda Albior, intrigué.

— Oui, sur le terrain.

— Mais l’internat est de l’autre côté du self. Comment t’as fait pour briser une vitre là-bas ?!

— Bah j’ai tapé dans la balle mais un peu trop fort.

Vu comment le géant avait frappé à la porte, l’intendant voulait bien le croire.

— Je vois. Je vais envoyer quelqu’un s’en occuper. Peux-tu me dire vers quel niveau se trouvent les dégâts ?

— Ah oui, chambre 112. C’est la p'tite Nolvia qui dort dedans. Je peux aller acheter un carreau si vous voulez.

— Non c’est inutile. Je vais demander à Soïle de s’en charger. Merci de m’avoir informé Cassios. Tu peux y aller.

— Vous m’enverrez la facture hein ? C’est pas Nolvia qui doit débourser.

— Ne t’en fais pas. Tu peux disposer. »

L'étudiant acquiesça puis referma la porte derrière lui. Effectivement, Nolvia n’allait tout de même pas payer pour sa connerie. Il ne l’aurait pas toléré. Et si jamais cela arrivait, il lui rembourserait la vitre. Le géant rejoignit ensuite les autres sur le terrain de tennis. Mais cette fois, il s’assit dans les gradins à côté de Kiki. Plus tard, ils virent une femme aux longs cheveux ébène se diriger vers l’internat. « Ça doit sûrement être Soïle » se dit Cassios. En effet, c’était la responsable d’entretien qui venait prendre les mesures de la vitre. Lorsqu’elle vit Nolvia, celle-ci lui raconta un peu ce qui s’était passé. « Cassios s’est montré très gentil avec toi. On ne saurait dire qu’il soit ainsi vu sa carrure. » Nolvia était assez d’accord avec elle. La jeune femme ne s’attarda point, elle prit les mesures puis s’en alla en parlant dans son talkie-walkie. « Qu’on me prépare une vitre à l’atelier. J’arrive avec les mesures. » Il valait mieux ne pas traîner sinon l’étudiante passera une nuit fraîche. Hors de question de mettre un plastique ou une plaque de bois. L’établissement disposait du matériel nécessaire pour les réparations.

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