Shura/Misty - Chapitre 1 : Fait insolite

Shura misty

 

Attention

Pour les besoins de l'histoire, j'ai dû vieillir Shura et Misty (à cause de la profession de ce dernier). Shura a donc 29 ans et Misty 27.

Mazde 2 sordiva N - Mardi 2 septembre N

 

Elle se préparait seulement alors que l'horloge affichait déjà 8h30. Après sa toilette, la jeune femme aux cheveux châtains ondulés choisit une tenue assez discrète ; des couleurs froides de préférence afin de pouvoir mieux se fondre dans la nature. Elle espionnait les gens depuis plusieurs semaines maintenant pour le compte de la Créatrice. Elle maquilla légèrement ses yeux bleus, un trait de liner sur la muqueuse, de l’ombre à paupières marron et son parfum favori feront l’affaire. Elle regarda d’abord par les fenêtres afin de s’assurer que personne n’était aux alentours. Elle sortit par l’arrière de la maison et se faufila dans les bois afin de remplir sa mission quotidienne.

Nefira en était à son deuxième jour de rentrée et elle commençait déjà à sentir un essoufflement. Mais elle ne pouvait pas relâcher la cadence. Il n’y a qu’une seule reprographie pour tout le refuge. Certains professionnels pouvaient aussi faire appel à ses services, ce qui rendait la tâche plus compliquée pour la reprographe. Le sas était coupé en deux, une partie pour les enseignants et l’autre pour les professionnels. Chaque catégorie de demandeurs avait sa boîte à lettres attitrées. De cette façon, même si l’établissement scolaire était fermé, Nefira pouvait continuer à travailler pendant les vacances pour les professionnels. Son contrat était signé par Nihit et son intermédiaire n’était autre que Edria. En général, si la reprographe avait un problème, c’était avec l’intendant qu’elle devait le régler, excepté pendant les vacances.

Presque invisible, elle écoutait les rumeurs, errait dans les rues de façon la plus naturelle possible afin de ne pas attirer l’attention sur elle. Tellement discrète qu’elle était vite oubliée une fois croisée. Puis au bout d’un moment, elle sentit son téléphone vibrer dans la poche de son pantalon. C’était un message : « Bonjour Nefira, je suis Nihit. J’ignore pourquoi mais la Créatrice m’a dit de m’adresser à vous en cas d’urgence. Argol a été blessé par Androctona. Il est à l’hôpital en ce moment, il faut avertir la Créatrice au plus vite. Je lui ai envoyé un mail, pas de réponse. Je n’ai pas son numéro de téléphone. Je vous en prie, contactez-la au plus vite. Merci. » La Créatrice est peut-être occupée en ce moment. « Argol est blessé ? C’est inquiétant » se dit-elle. Elle tapota sur le clavier : « Je le ferai, merci. » Elle continua son chemin dans les rues. Il n’y avait pas que les habitants, mais aussi des gens qui venaient d'autres pays : des hommes, des elfes, des nains et des elfes noirs. Toutefois pour amarrer sur l'île d'Eston, il fallait montrer patte blanche, avec un registre à remplir à l'arrivée du navire et à son départ. Cela en rebutait certains et, par la même occasion, arrangeait Nihit. Il s’agissait souvent de commerçants qui venaient ravitailler le refuge et qui se promenaient avant de reprendre la mer. Cependant il y avait également des enfants qui venaient prendre des cours ; ceux-ci séjournaient dans une chambre de la cité scolaire. Elle tourna à un croisement et passa devant un des enseignants. Elle ne fit pas vraiment attention à lui. Néanmoins cela n'empêcha pas le Capricorne de se prendre une bouffée de parfum dans les narines. Il était pourtant discret et pas vraiment entêtant, cependant il avait retenu son attention.

 

Vers 15h30, Shura se présenta à la reprographie. Une pochette plastique dans une main avec des documents dedans, il appuya sur la sonnette. Il entendit quelqu’un s’approcher de la fenêtre du guichet puis l’ouvrir.

« Bonjour !

Il fut un peu surpris. Il avait vu cette fille le matin même, sauf qu’elle portait des vêtements différents et avait les cheveux ondulés au lieu qu’ils soient frisés. Aussi, l’odeur de son parfum avait disparu. Elle avait eu le temps de se changer pendant la pause déjeuner ?

— Bonjour Señorita. (Elle lui prit les documents en le remerciant. Seulement il semblait assez intrigué.) Puis-je vous poser une question ?

— Oui bien sûr.

— Le matin vous commencez à quelle heure ?

— 7h45, pourquoi ?

— Vous ouvrez tôt. Ça ne doit pas vous laisser beaucoup de temps pour vous promener le matin.

Elle afficha un visage perplexe.

 Pourquoi irais-je me promener le matin ?

 Pour vous oxygéner. Une promenade matinale, ça fait toujours du bien. Dommage que vos horaires ne soient pas aussi souples. D’ailleurs vous finissez à quelle heure ?

 Vous êtes bien curieux.

 Cette fois c’est pour savoir jusque quand je peux déposer mes copies, dit-il en espérant calmer ses soupçons.

 Ah ! La reprographie est ouverte jusqu'à 16h30, mais le dernier guichet est de 15h20 à 15h40. Aussi, si je suis partie, vous pouvez déposer vos documents dans la boîte aux lettres. Je les récupérerai le lendemain dès mon arrivée. Vous avez également une page concernant la reprographie sur l’intranet qui vous explique le fonctionnement de mon service.

 Je vous remercie, Señorita. Bonne journée.

 Au revoir, bonne journée. »

Elle referma la fenêtre du guichet et déposa la pochette plastifiée sur son bureau. La jeune femme fera l’entrée plus tard, elle doit d’abord finir les copies. Shura se rendit à la salle des profs afin de prendre ses feuilles pour l'après-midi. Il avait cours avec les Terminales de 16h30 à 17h30. Il paraissait bien pensif. Si Nefira commençait à 7h45, qui a-t-il vu ce matin dans la rue vers 9h ? Étrange. Soit elle ne faisait pas ses heures, soit elle se permettait de sortir pendant son travail. Dans les deux cas, ce n’était pas très professionnel de sa part. Pas étonnant qu’elle a du mal à finir les copies !

 

Le soir même, Nefira se rendit à la plage pour décompresser un peu. La journée fut assez rude. Cette fois, elle avait pris sa pause déjeuner. Sauter le repas pour maintenir les délais était une très mauvaise idée. Contrairement à Albafica, elle marcha sur le côté gauche de la pente donnant sur la plage et s’assit sur un rocher pour lire son livre sans faire attention à ce qui se trouvait autour d’elle ; pas même à ce jeune blond qui ne la quittait pas des yeux. Il était grand avec de longs cheveux, habillé uniquement d’un bermuda couleur fushia. Elle l’avait aperçu mais resta indifférente. Tout ce qui l’importait, c’était de lire dans l’ambiance que lui offrait la nature. « Sa lecture est-elle vraiment si passionnante ? Au point de ne pas remarquer la présence de l’homme le plus beau sur Terre ? » se demanda-t-il. Misty s’approcha curieusement et la salua. Elle lui répondit brièvement.

« Que lis-tu ? Tu sembles tellement captivée.

 C’est un roman policier avec un détective belge.

 Belge ? Le seul que je connaisse à de drôles de manies.

 Il en a, en effet. (Nefira retourna à sa lecture, seulement la présence de l’intrus la gênait. Elle le regarda à nouveau.) Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous ?

 Je t’en prie, tu peux me tutoyer.

 Bien. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour toi ?

 Oui, tu peux m’admirer.

 Pardon ?!

 Tu as très bien entendu. Pourquoi m’ignores-tu comme ça ? Ce n'est pas très poli.

 Comment ça ?

 Tu m’as à peine regardé tout à l’heure. Si je n’étais pas venu vers toi, je n’aurais pas eu un bonjour.

 Et alors ? Je ne te connais pas et tu étais bien trop loin pour m’entendre te saluer.

Le jeune homme gardait une voix posée tandis qu’elle commençait à s’énerver. Il s'assit à sa gauche.

 Pourrais-je au moins avoir ton nom ?

Elle hésita un peu avant de répondre. Allait-il la laisser tranquille une fois l’information obtenue ? Il venait de s'asseoir mais elle pouvait toujours espérer.

 Nefira.

 Ravissant. Moi c’est Misty, chevalier d’argent du Lézard...

 Misty ça suffira.

 Tu oses me couper la parole comme ça ?

 Oui, j’ose. Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais je suis venue pour lire mon livre à la base, pas pour tailler une bavette !

 Tu as un drôle d’accent. D’où viens-tu ?

 De la région du Nord, en France. Toi aussi tu en as un, un accent sudiste !

 Oui. Je viens de la Côte d’Azur avec sa magnifique plage. C'est là où je me suis entraîné avant de venir au sanctuaire à Athènes. Tu sais où c’est au moins, Athènes ?

Elle le fixa en fronçant les sourcils.

 Prends-moi pour une gourde.

 Je ne me le permettrais pas. Tu sembles crispée.

 Comment veux-tu que je ne le sois pas ? Tu m’empêches de lire !

 À ton arrivée, tu étais déjà très tendue. Quotidien éprouvant ?

 À la reprographie ce n’est pas toujours évident.

 Oh ! c’est toi la reprographe ? Je peux t’aider à te détendre, ou calmer tes douleurs si tu veux.

 Non merci, ça ira.

 Un jour tu viendras me voir, j’en suis persuadé. (Elle lui lança un regard interrogateur.) Si, ça arrivera, tu verras. Et je serai ravi de t’aider.

 C’est gentil, je n’en ai pas besoin.

 Cesse donc ces hostilités. Le Nord et le Sud ne sont pas obligés de se faire la guerre.

 Laisse-moi juste lire mon livre !

 Tu pourras le lire plus tard. J’ai envie de discuter avec toi.

 On discutera plus tard, je dois faire une chronique dessus.

Il redressa la couverture et regarda le titre.

 « Mort sur le Nil » ? Oui, une chronique sr un livre qui est sorti il y a plus de soixante ans.

 Et alors ?! J'en fais une si je veux ! Je suis venue ici pour me détendre et depuis que tu es là, c’est tout l’inverse alors laisse-moi tranquille !! C’est quoi ton problème ?!

 Toutes les femmes me regardent sauf toi.

 Et alors ? Tu as l'embarras du choix... Pourquoi t'attardes-tu sur moi ?

 Justement parce que tu ne regardes pas le plus bel homme sur Terre.

Nefira resta bouche bée durant quelques secondes.

 Mais le melon toi. C’est même plus un melon là, c’est une pastèque ! Excusez-moi « Monsieur le plus bel homme » de vous avoir blessé dans votre estime… Choisis une de ces filles et fous-moi la paix.

 Justement je n'y arrive pas. J'ai trop de choix.

Elle se mit à soupirer alors que lui gardait un sourire horripilant.

 Et que veux-tu que j’y fasse ?!

 En fait, tu pourrais m’aider à choisir.

 T’es ridicule, j'connais pas tes goûts !

 Tu peux apprendre à les connaître et ensuite m’aider.

Elle écarquilla les yeux tandis qu'il se levait.

 Tu t’entends là ? T’es pas assez grand pour faire ton choix ? Trouve-toi une copine et fous-moi la paix !

 D’accord, je vais faire ça. Passe une bonne soirée avec ton livre sur ce détective belge aux manies étranges.

 Y a pas qu'ces manies qui sont étranges, j'te l'dis !

 À la prochaine, Miss.

 Mais non, pas « à la prochaine ». J’ai pas l’intention d'te revoir !

 Moi si. J’apprécie ta compagnie. Merci de me donner un coup de main. T'es un ange. À bientôt. »

Puis il s’éloigna sous le regard ébahi de Nefira. « Mais il lui manque vraiment une case à c'ti-lal* » pensa-t-elle. Enfin, elle allait pouvoir commencer son livre. Toutefois sa lecture fut entrecoupée par les pensées qui s’imposaient à elle. Évidemment celles-ci concernaient ce type bizarre. Elle avait du mal à se concentrer, alors elle décida de stopper sa lecture et de rentrer chez elle. Sa maison était la première en remontant la plage, pas loin du palais de Nihit, au 1 avenue Randall Stewart. Il y avait un bois derrière chez elle ; pas énorme mais il pouvait offrir une agréable promenade. Et sa terrasse était un endroit sympa pour lire et écrire au calme. Mais là il était un peu tard, le soleil commençait à se coucher.

 

* c'ti-lal = celui-là.

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